merligrammes
extraits d'une réserve de poèmes
dimanche 19 février 2012
table des poèmes
A nous les mots
Adieu mon homonyme
Affinité des bipolaires
Agathe
Aïe Cul
Alcool émis
art poétique
CALS
Ce que vous vous gourâtes
Château en Espagne
Comment le dialogue sourd
Copains clopant
Copié collé
Croquis dans l'autobus
Darwinisme
Des millions de voyageurs
des polypes dans les naseaux
Ecrouissage
Emeraude
Eole
Eternité
Généalogie
Glossolalie
Haiku du sourd
Harmonie du soir
Histoire de rire
Hurluberlu
In memoriam
Inspiration
Jamaïcaine
Je voudrais écrire beau
La consultation
La gamberge
La veuve
La vie des rats
La voiture à mots
L'adieu
Lard abstrait
Le blog de vers
Le canard boiteux
Le chat de Schrödinger
Le cochon
Le facteur humain
Le genou
le moteur abandonné
le nu
Le poète masqué
Le prêtre
le sillon 1
le sillon 2
le tableau de Luce
Le temps qui passe
Le veilleur de nuit
L'enterrement
Les yeux d'Elisa
L'ermite
L'île de Sark ou la mort de Sir James
L'instant foetal
L'intellect
L'ultime refuge
Mariage
Mondanités (haiku)
Monte Carlo
Mort du Père
Narcisse
Nature morte
Oeuf de Pâques
Pot pourri
Pour faire un sonnet
Pastiche
Prière d'un inconnu
Prise de sang
Résilience
Résurrection
Semi marathon
Sonnet à demain
Sonnet de château
Sur commande
Terrine de lotte
Un dernier vers (haiku)
Une orange
Vélivole
Vengeance
Verre à pied
Vœux du poète pour 2010
Le nu
Virtuellement
Palper
Le galbe de tes formes
Le galbe de tes songes
Rage
De ne pas saisir
La vérité
Fugace
De ces instants
D’oubli
Aujourd’hui
J’ai raturé
L’espace d’une idée
Mon texte immatériel
O nu
Au contenu
Indescriptible
Las ! Le poème
Point ne pourra
T’illuminer
jeudi 16 février 2012
Acrostiche pour Violette
Il est écrit pour toi belle petite fille
Or chaque fois que tu l’entendras le matin
Lasse du dodo tu ouvriras les gobilles
En disant in petto Didier me célébra
Tant que j’étais un adorable bébé
Trésor avalant son biberon dans ses bras
Et tout le monde m’admirait bouche bée
Mais le temps le temps va passer vite vite
En s’envolant laissant là tous les souvenirs
Rires et chansons berceuses alors t’invitent
Loin des crises bruits et fureurs à venir
Enfin à profiter pleinement du présent
lundi 28 novembre 2011
L'île de Sark ou la mort de Sir James
dimanche 27 novembre 2011
Résilience
Sur un rail qui n’est pas de bronze
Que s’en va pêcher le marin
De préférence de bon matin
Des systèmes de repérage
Tout à fait simples comme usage
Sont proposés en connivence
Pour augmenter la résilience
Il est sûr que la voyance
Exacerbe la concurrence
Le repérage est aboli
La résilience est dans le lit
Il reste bien les procédures
Pour une résilience en dur
Mais vu le contexte d’emploi
Le marin serait hors emploi
En conclusion pour cette histoire
La pêche régime de croisière
Résilience état stationnaire
Copains clopant
Et c’est ici que le fumeur surgit
Pour se mettre une bouiffe dans le tarbouif
Ou bien fumer sa clope c’est du kif
Puis vient un acolyte sans dire ouf
Qui revendique sa dose de schnouf
Et un autre et un autre et encore un autre
Dans des délices de caporal se vautrent
Sans aucun souci du temps écoulé
Ils sont là benoîts aspirant goulées
Et soufflant voluptueuses volutes
Qui peut-être plus tard une dure lutte
Engageront contre une maladie
Qu’on ignorait superbement jadis
Lard abstrait
Un peintre peignait un cochon
Avec toutes ses andouillettes
En filigrane
Emu par la beauté du spectacle
Il mit son pinceau
En tirebouchon
Et déroula sa science
En cochonnerie
Ce fut un chaos épouvantable
Les tripailles, les pieds
La tête les jambons
Les côtelettes et les boudins
Blancs et noirs
Pas raciste
Tout se mélangea
A tel point
Que beaucoup d’imagination
Il fallut
Pour distinguer le tout
A partir
Des parties
Croquis dans l'autobus
Une surface blanche parsemée de fleurs bleues
Se profile en transparence dans la foule anonyme
Afflélou le flou défile derrière les carreaux
Ses figures de myope illuminées d’azur
Arrêt demandé et stop à la prochaine
La masse de gélatine banlieusarde est toute secouée
Une surface blanche parsemée de fleurs bleues
S’estompe
Une prochaine image est vivement demandée
Pour échapper à la mornitude
Du regard du voisin d’autobus
Les crocus de l’autobus
N’ont tenu qu’une interstation
Généalogie
Au début il y eut le Verbe
Et puis le Verbe s’est fait chair
Vint le premier ancêtre en herbe
Qui fut chassé d’Eden c’est clair
Comment il fit ce n’est pas clair
Pour peupler densément la terre
Jusqu’à l’état zéro mystère
Du premier recensement éclair
Alors écrits dans le grand livre
Tous les ancêtres en amalgame
Sont répertoriés hommes et femmes
C’est à toi généalogiste
De bien dénouer l’écheveau
Tricoté par de bons copistes
Le veilleur de nuit
A l’heure où tu dors Marie
Je veille
Je veille à ne pas faire de bruit
Je vis en silence
Dans les ombres de la nuit
Mais qu’il est dur ô Marie
De ne pas bouger ou presque pas
De chuchoter à son alter ego
De vivre intensément
En se tassant au fond de soi même
Car tu vois ô Marie
Le corps est immobile
Mais la tête est active
C’est la condition pitoyable
De tout veilleur de nuit
Au matin
O délices de Capoue
Enfin vient le soleil
Le bourdonnement social
Comment le dialogue sourd
A l’asile ou à l’hôpital
Le mot est là
Il fouille il farfouille
A travers les barrières
Il se forme il se déforme
Il n’existe pas encore
Exister ou ne pas exister
Là n’est pas la question
Il faut s’exprimer
Il faut réussir à
Transformer, associer, combiner, amplifier, utiliser
Tous ces petits signes prémonitoires
Du fond du cervelet
Pour provoquer en bonne intelligence
Les mouvements combinés
Des lèvres des joues de la langue de la glotte
Et du larynx
Surtout le larynx avec son œil puissant
A moins que ce ne soient
Des mouvements de poignet
De phalangine et de phalangette
De pouce index et majeur
Quand tout cela est réussi
Un mot sort
Est-ce un bon mot
Tout un cheminement est encore nécessaire
Vers des centres de dégustation
Pour en apprécier la qualité
Et ce n’est pas un vin mot
Qui nous rapprochera
De l’almanach verre mot
La consultation
A l’ombre de la lampe de Dame Médecine
Vient parfois le soir se réfugier le patient
Cherchant les soins le calme et la pénicilline
Il écoute en simulant un air insouciant
Ego et microbes ont fait un amalgame
Le médecin fait celui qui ne voit rien
Dans cette ratatouille il cherche un cryptogame
Le remède habituel pour tous ces machins
Des pilules et des discours accompagnent
Les actes médicaux du docteur en campagne
Par-dessus tout les mots il nous les place et beaux
Puis c’est le moment de conclure aridement
Avec le
Que dans sa poche le docteur met goulûment
Pour faire un sonnet
Prends une feuille de papier
Et commence à compter les pieds
Afin d’aligner de beaux vers
A l’endroit ainsi qu’à l’envers
Et ce fut le premier quatrain
Ce vrai sonnet avec entrain
Rejaillit en rimes suivies
Qui de poésie sont la vie
Et voilà le premier tercet
Avec son mystère à percer
Qu’allons-nous faire avec la rime
Evidemment c’est pour la frime
Qu’elle saute d’un tercet à l’autre
Et dans l’accord final se vautre
Monte Carlo
Ce sont de gros systèmes qu’on peut simuler
En adoptant une technique aléatoire
Afin de calculer un peu comme un mulet
Pas à pas des coefficients bien méritoires
Au départ il s’agit d’extraire au hasard
Des nombres issus d’une souche miraculeuse
Et qui au lieu de se mettre en bazar
S’organisent de façon judicieuse
Des tirs de configurations sont expédiés
En quantité importante c’est là la clé
Et chaque séquence dûment enregistrée
Grâce à cette mitrailleuse on a opéré
Des tas de transactions arithmétiques
Pour une disponibilité systématique
Le chat de Schrödinger
Ce n’était pas un chat ordinaire
Le fameux chat de Schrödinger
Il ne s’appelait pas Minou
Et certes n’avait pas de mou
C’est entouré d’un atome L’objet de l’expérience Oui il s’est installé ce chat Tant que vous ne le regardez Et d’aventure tout apprenti Ce chat est-il mort ou vivant
En décomposition at home
Et d’une fiole de poison
Qu’il prit ses dispositions
Ne soyez pas sarcastique
Il s’agit bien sûr de la science
Est bien proche de la mystique
Dans un état il se percha
De mort vivant non observé
Et il existe sans baver
Vous connaissez son existence
Alors que si vous insistez
Sûr vous le plongez dans l’absence
De mécanique ondulatoire
Pourra ainsi être converti
A l’abstraction corpusculaire
C’est une question réservée
Eh bien Schrödinger le savait
Il l’a mis dans son testament
le sillon 2
Avec son cortège d’oiseaux blancs
Ni corbeaux ni colombes
De simples pique-bœufs
Ils ont essayé les malheureux
De s’attaquer au tracteur
Et bien vite ils ont compris
Que l’avenir n’était pas là
Ces tôles ronronnantes
N’abritent aucun
Parasite pouvant servir de
Pitance
Le conducteur peut-être en a
Mais il est si petit
Dans sa cabine
Et ils sont si nombreux
Les pique-bœufs
Alors gentiment en cohorte
Ils s’attaquent
Au sillon vermigène
C’est le progrès
In memoriam
De ce dont je me souviens
Croyance du souvenir
Souvenir d’une croyance
Fer dans la plaie
Remuer le fer
Souffrir
Je me souviens de la souffrance
Je la recrée
Fer dans la plaie
Remuer le fer
Illusion de la souffrance
J’ai oublié l’illusion
Je me souviens du fer
De la plaie
Tiens j’ai oublié le bourreau
J’imagine
Son torse velu et son rire sardonique
L’imaginaire se mêle
Puissamment
Au souvenir
Et me voilà prêt
A jouer au martyr
Ad vitam aeternam
Et quelle réalité ?
Histoire de rire
Elle pédalait sur son vélo autour de l’Europe
A la recherche des illusions perdues
Par ses ancêtres sur le macadam.
C’était un beau voyage une odyssée moderne
Le chant des sirènes à toutes les usines
Echo du travail repoussant
Lui évoquait même le détroit de Charybde.
Mais subitement elle oscilla elle chancela
Devant un chancelier en habit mordoré.
Un ouvrier mort de rire était écroulé par terre
Etait-il mort avant de s’écrouler
Ou s’écroula-t-il avant de mourir ?
Ce n’était pas un mou rire
Mais bien un fou rire
Etait-il vraiment fou ?
Et ce chancelier qui papillonne
Est-ce la grève qu’il tente de juguler
Ou le fou rire de l’ouvrier ?
Ils sont des centaines autour de ce tableau
Chancelier vélo mort.
Mais qui est-elle ?
Ne serait-ce pas la faucheuse
A vélo en raison des pénuries ?
Et la foule gronde
Et elle se fait petite
Un ouvrier prend les devants
Les met derrière
Et lui dit en ces termes
Belle étrangère sur ton vélo
As-tu compris que tu es munie
D’une arme redoutable
Inconnue jusqu’alors
Le rire n’avait jamais sévi
Une analyse tu vas subir
Toi qui engendras le comique
De situation
Car il faut que cela cesse
Personne n’est immunisé
Nous devons découvrir les causes
Et les exorciser
Il mit le chancelier sur le vélo
Et la foule s’écroula
Et le chancelier aussi
Elle reprit son vélo
Et continua son péripleL'enterrement
Deux fleurs
Sous cellophane
Un enfant
Une fleur
Sans cellophane
Une cellophane
Envolée
Deux cercueils
Deux fleurs
Une enveloppée
L’autre non
Quelques poignées
De main
Quelques poignées
De terre
Adieu
le sillon 1
Inévitablement
Cherche à tracer
Le sillon
Soc
De mon crâne
Laboureur de
Mon répertoire
Il faut labourer
Creuser la cervelle
Avant de semer
L’illusion d’espérance
La vie n’est que blessure
La poésie n’est que mots
Arrachés
Douloureux enfantement
Pas toujours renaissance
Poètes maudits
Pot pourri
L’homme est fait pour la guerre
Et la femme pour le repos du guerrier
L’homme est de la chair à canon
Et la femme de la chair à saucisse
Ecrouissage
Pur symbole de la dureté originelle
A l’abri des tracas du monde passionnel
Il n’a pas connu le choc du bélier frontal
En deux d’abord en deux puissance mille après
Détruisant dureté avec virginité
Et le cristal ainsi gagne une autre structure
Ce cristal meurtri retrouvant la dureté
Dur symbole de la lointaine pureté
Vivant paradoxe dans la nature se promène
La vie n’est que laminage permanent
Toujours elle casse et recasse le manant
Pour que vieux il retrouve un juvénile entrain.
Oeuf de Pâques
Les petits cailloux ramassés par la poule
A coups de gésier sont devenus
Coquille d’œuf
Remplie de jaune et puis de blanc
Toutes choses inutiles
Pour décorer un œuf
Deux petits trous il faut percer
Pour le dégober
Et le peinturlurer
De fleurs de poissons
De soleils et de maisons
Ah que c’est beau tout ça
Sur cette chose
Sortie du ça
De la poule
Le cochon
Le cochon d’Anne Marie
C’est par une belle journée d’été
Que nous nous arrangions la santé
Nous prélassant comme des prélats
Avant de vivre l’histoire que voilà
Au bord de la piscine un vrai cochon
En catimini avec un air ronchon
S’avance, se lance mais quelle audace
Il s’approche tout nu de la surface
Et pataflo et le voilà qui plonge
Envieux d’un bain mais sans éponge
Comment faut-il faire pour se laver
Et comment s’en sortir sans en baver
Tout le monde met la main à la patte
Voulant empêcher qu’il se carapate
Le pousse à hue et au diable vauvert
Mais pas moyen de le remettre au vert
Il faut alors recourir aux pompiers
Qui pour une fois arrivent à pied
Auprès d’un sinistre pas ordinaire
Croyant sortir de l’affaire sans s’en faire
Or las il faut y aller et tombent
Les casques, les casaques ils bombent
Leur torse velu devant le cochon
Qu’ils assaillent jusqu’au cabochon
Dans l’eau bleue le combat est homérique
Le public les pompiers sont hystériques
Mais vite le cochon s’avoue vaincu
Et dans sa soue va dire son vécu
Le poète masqué
Dans les réunions de travail
Comme ses collègues il bataille
Oui il écoute et il pérore
Devant des discours de pécore
Mais la nature est bien faite Alors que la réunion traîne Et voilà que notre poète C’est un sonnet qu’il accomplit
Tel un ordinateur en fête
En tâche de fond il prépare
Un sujet que rien ne dépare
Les fronts se plissent et freinent
Une grosse et furieuse envie
D’aller déjeuner c’est la vie
Mitrailleuse que rien n’arrête
Victorieusement termine
L’œuvre que déjà il rumine
Des vers alignés sans un pli
Mais n’écoutez pas citoyens
De tels poètes c’est moins que rien
des polypes dans les naseaux
C’est à travers une technique exploratoire
Résolument moderne et tout à fait au point
Qu’on visita mon appendice respiratoire
Présumé à juste titre fort mal en point
Une tomodensitométrie a permis
Grâce à une acquisition hélicoïdale
Et reconstruction dans le plan axial
En fourrageant au rayon laser parmi
Le complexe ostio-méatal les cornets
Les sinus frontaux maxillaires ethmoïdaux
De
D’une vraie turgescence octroyée en cadeau
En sus la déviation d’une cloison nasale
Mais ouf sans corps étranger intra cavitaire
Font présager une polypose banale
Que l’on saura traiter de façon salutaire
CALS
Des choses des noms des numéros
Correspondance très équivoque
Entre concepts de diverses natures
Des hommes des machines des automates
A la sauce tartare
Pour produire du boudin des tanks
Des autos mobiles ou immobiles
Le monde est en boucle ouverte
L’entreprise se casse la gueule
Il faut des remèdes
Le SLI, le SLURP, le SAMU
Tout cela n’est rien
Il manque CALS
Car de cela va jaillir l’harmonie
Atout maître de la société de demain
Lumière de toute création humaine
Savant édifice du savoir combiné
Narcisse
O moi des floraisons moi des métamorphoses
Moi qui fus sans nuage et toi poignardé
Dans l’onde tranquille j’admire mon reflet
Et ton image évanescente souvenir souvenir
Les lilas et les roses et puis les haricots
Doucement s’insinuent le long
De mon mollet galbé
A peine les ressens-je
Passent les lunes et passent les soleils
Toujours ce reflet m’obsède
Captation de l’image
Un bon conseil
Méfiez-vous de la télé
Nature morte
Prenez une pomme et une orange
Prenez un pinceau et peignez
L’orange est maltaise mais
Laissez l’étiquette
Sur la substance concentrez-vous
Décrivez la couleur et l’arôme
Et le goût de fleur
De celle qui l’a cueillie
La pomme tout connement
Est tombée par gravité
Et elle a un gnon
Ne soyez pas déçu
Peignez le gnon ou la pomme
La fleur ou l’orange
Finalement quelle importance
Copié collé
Ou bien une abomination
C’est certes pris dans la moulure
Que commence la damnation
Coller repris de la moulure
Les mêmes et on recommence
La forme et le fond de l’enflure
Forte illusion de romance
Copier des phrases insipides
Ou bien des vers de mirliton
Dans un presse papier de béton
Coller béton à prise rapide
Sur ce poème tartignolle
Elaboré à la chignole
La veuve
Eh dis! eh dis ! Pourquoi m’as-tu abandonnée
Depuis maintenant et des jours et des années
Ton souvenir iridescent me tarabuste
Pourtant je n’ai plus la mémoire si robuste
Au milieu de tous tes objets je suis en peine
En panne d’usage il faut que j’apprenne
Est-ce bien la peine mais oui c’est dur
D’assumer l’héritage de tes reliures
Et les heures passent et les jours et les années
Dans cet ennui sidéral où tu m’as plantée
Moi ton fidèle soutien quelque peu fané
Aujourd’hui la descendance t’a supplanté
Et redonne pleinement à la vie son devoir
Facilitant l’attente de notre revoir
Vélivole
Accroché à ton remorqueur
Dès lors tu commences en longueur
Une épopée qu’avec plaisir
Tu narres oublieux du désir
Qui tel le guerrier t’assaille
Bien que vieux loin des batailles
A partir d’une ascendance
Oui te voilà rue de la Pompe
Il te faut relâcher l’essence
Et les attaches que tu rompes
C’est là que le périple avance
L’aérologie en finesse
Non ce n’est pas une romance
Ni un signal de détresse
Il s’agit de bien exploiter
Usant du manche et du palonnier
Et de spiraler sans rater
Une pompe que des niais
Certes ne sauraient conserver
Le vario qu’il faut observer
Du moral est l’indicateur
S’il est positif cela
Si négatif cela dé
Et s’il est nul c’est transitoire
Oui transitoire c’est méritoire
Le vario est abstentionniste
Mais d’une pompe révisionniste
Peut être germe balbutiant
Et si le vario décline
Le bon pilote négociant
Sa déchéance mutine
Emmène bien vite à la cravache
Son beau planeur jusqu’à la vache
Alcool émis
Veine un vers il trouva
Tout content il l’écrivit
Et c’est ainsi que cet écrit vit
Dans l’absinthe il essaya
Vainement il faut le dire
De trouver l’inspiration qui
Verlainement le réjouirait
Dans le whisky oh le vit skie
Des images érotiques l’abreuvèrent
D’un jus rond fort malséant
Dans la vodka caca
Il plut des plumes d’autruche
Et dans son verre il s’endormit
Le facteur humain
Mais nous allons voir comment l’analyser
En prenant en compte la tête et les mains
Car pour les erreurs il faut tout supposer
La mesure passe par un indicateur
C’est le temps moyen entre événements stupides
Dont il s’agit d’apprécier la valeur
Avec une méthode bien assez rapide
Il faut décomposer le facteur en éléments finis
Les quantifier et peut-être les disqualifier
Puis appliquer la technique de Swain le béni
Qui permet de hiérarchiser sur un papier
Les qualités et les défauts aboutissant
A la prothèse cognitive c’est puissant
A nous les mots
Une avalanche de mots sur ma tête est tombée
Des mots semant l’émoi dans mon moi fatigué
Que de mots à trier d’instants à décanter
Doux mélange de signifiants et de signifiés
Plus facile serait d’évoquer l’abstrait
Délicieuse virginité hors des formes imposées
Libération des contraintes
Liberté absolue
Mais voilà pour l’expression
Le poète est prisonnier du carcan des mots
Qui tant le régalent et tant le tourmentent
Et en plus des mots il y a le rythme
Et puis la rime
Et puis tout çà
Et d’autres choses encore
Vengeance
Fit un très beau cercueil
Et dessus il grava
Nous les tenons
Et les morts se taisent
Résurrection
Le temps passe
Des sillons se creusent
Sur ton front rhodanien
Des sommets blanchissent
Sur ta calotte crânienne
Courbé sur ton ouvrage
Comme sous le poids des ans
Tu traces ton verbe
Dès le commencement
Mais le verbe s’est fait chair
Des boutons sautent
De ta culotte polaire
Dardant ton espérance
A grands pas tu t’avances
Vers la vérité toute nue
Château en Espagne
Connu pour ses châteaux
Ah que j’ai de la peine
De ne pouvoir les acquérir
Les nerfs à vif je m’escrime
A persuader mon banquier
De m’accorder le crédit
Nécessaire et suffisant
Pour acheter ce pur produit
De l’humour castillan
Je les compte mes sous
Je les compte à rebours
Je les compte dessous
Et toujours au bout du compte
Il manque cinq cents pour un euro
Eh oui c’est malheureux
De toujours vivre à la limite
Malheureux et jouissif
Car la grande découverte
Est qu’il n’y a pas de limite
Cette barrière que l’on croyait
Insurmontable
Une fois franchie
S’avère inexistante
L'ermite
Gloire à toi au plus haut des cieux
Une journée se lève devant mon esprit
Avide de célébrer tes louanges
Seigneur hier matin la chèvre du voisin
Est venue me tourmenter dans mes prières
Hâte toi Seigneur de me délivrer
De cette engeance du démon
Car c’est bien le démon rappelle toi
Seigneur ces horribles histoires de marins
Et du seul animal existant sur les flots
Pour assouvir bestialement leur passion
Seigneur je te remercie du secours
Que tu m’apportes chaque jour
Le pain j’aimerais bien du vin aussi
Et par-dessus tout ton amour infini
Une journée nouvelle s’annonce Seigneur
Pour m’imprimer totalement de ton amour
Gloire à toi
Des millions de voyageurs
Des millions de voyageurs
Et pourtant toujours les mêmes
Les mêmes qui se regardent
En chiens de faïence tous les matins
Tous les matins à la même heure
L’heure du berger où chacun vaque
A ses occupations ou ses absences
Dans ce bus où tout s’emmêle
Les noirs, les blancs, les cadres les autres
O transports en commun
O transports d’allégresse
Le gai Paris oui c’est bien vrai
O oui c’est toi RATP
Jamaïcaine
Elle énonce amène d’une voix sépulcrale
Des paroles étrangères quasi papales
Avec la vérité des langues authentiques
Cette voix c’est la sagesse cette voix c’est la joie
Ce discours c’est un fleuve de vie éternelle
Une résurgence de l’amour paternel
De celui pour lequel il faut porter sa croix
Elle peut traduire ses sentences bibliques
L’esprit céleste fait place à l’intelligence
Pour que comprenne à Paris l’assemblée en silence
Gloire à toi prophétesse lointaine tu t’appliques
Avec bonheur à donner la parole divine
Qu’à travers tes mots le peuple fidèle devine
Eole
Quelle merveille
Worker plug in
C’est comme en Chine
Le papier
Pour le gérer
Oui la corbeille
Est là qui veille
Si t’es malade
Ou en balade
Au pied levé
T’es remplacé
Mondialisé
Localisé
A ton bureau
Pas de défaut
Sur commande
Que j’aborde un gros dossier d’étude
Son entièreté me coupe la chique
Et je ne dis rien de sa complétude
Des spécifications c’est le départ
D’un casse tête de conformité
Mis en œuvre pour que point ne dépare
La technique de cette énormité
Puis il y a une revue critique
Où tous les dossiers sont examinés
Qu’ils soient monumentaux ou squelettiques
L’acceptation ne sera pas minée
Si en préalable tout est conforme
Et tout le monde ainsi sera en forme
Le blog de vers
Issus tout droit du néant primal
A l’assaut du monde communiquant
Ces quelques vers oui c’est original
Se retrouvent sur un blog en cliquant
Dès lors munis d’un support virtuel Ce sont mes glorieux décasyllabes Et dans l’univers cherchent un repaire
Les voilà débités numérisés
Proie victime d’une araignée mortelle
Qui les aura bien sécurisés
Ravalés en de malheureux binaires
Qui de blog en blog jouent à l’astrolabe
Dans lequel leur substance puisse échouer
Vers un ami avec qui se nouer
Eternité
Verbe éthéré sans langue ni transcription
Abstraction sublime de l’idée en herbe
Dont par malheur les hommes ont voulu l’inscription
Ils inventèrent des mots des chiffres et des lettres
Pour matérialiser l’idée fuligineuse
Qui dès lors se cacha dans la forme fumeuse
C’est ainsi que l’Etre se mua en Paraître
Cette métamorphose il fallut assurer
Par toutes sortes de moyens grands ou petits
Depuis l’ordinateur jusqu’au presse-purée
Sans oublier les horloges et leur appétit
De gouvernance universelle et totale
Qui compriment la vie de façon si fatale
Le tableau de Luce
| Le vent souffle sur Etretat | ||
| Des falaises il y en a des tas | ||
| Pour jouer au Christ en croix | ||
| Prêt à décoller on s’y croit | ||
| Pourtant cette pose innocente | ||
| Traduit et maelstrom et tourmente | ||
| Qu’avec ma truelle de peintre | ||
| J’ai gâchés en plein cintre | ||
| Et depuis un tableau chemine | ||
| Sous les regards il nous mine | ||
| Jusqu’à trouver l’âme sœur | ||
| Alors rencontre fulgurante | ||
| La coïncidence est troublante | ||
| Le vent souffle sur Etretat |
samedi 26 novembre 2011
Emeraude
| ||||||||||||||||||
Mariage
Un appartement commun pour voir comment c’est
Des jumeaux mexicains absolument pareils
Or malgré tout ce fut Adrien la merveille
Après le diplôme les aléas du travail
Ont séparé les tourtereaux mais trouvaille
Ryan Air a permis des rencontres régulières
Qui naturellement de façon singulière
Ont alors conduit à la naissance d’Agathe
Charmant et goulu bébé que ses parents gâtent
A Eindhoven en plein cœur des Pays Bas
Et maintenant après quelques menus débats
La noce est célébrée faut-il qu’on s’en souvienne
Nul ne sort de Suresnes qui souvent n’y revienne
Semi marathon
O rage, ô désespoir ô vieillesse ennemie
N’ai-je donc tant couru que pour cette infamie
Et ne suis-je blanchi dans de nombreux footings
Que pour voir en deux heures flétrir tant de liftings
Mes jambes qu’avec respect tout Paris admire
Mes jambes qui tant de fois m’ont sauvé c’est le pire
Me trahissent moi rebelle et ne font rien pour moi
Qui tant de fois parus être le fou du roi
O cruel souvenir de ma gloire passée
Œuvre de tant de jours en deux heures effacée
Nouvelle infirmité fatale à mon bonheur
Précipice élevé d’où tombe mon honneur
Corps jadis tant à craindre et qui dans cette danse
M’a servi de parade et non pas de défense
Accompagne désormais le dernier des humains
Attends pour te venger un meilleur lendemain
Prise de sang
Sang et eau
Laissant sus
Toute peau
Des traînées
Raisinées
Le sang va
Oui s’en va
Et virgule
Coagule
Terrine de lotte
Six œufs battus pas trop fort pour rester entiers
Une demi-bouteille de hot ketchup y est
Ajoutée avec un plein d’herbes à la noix
Persil, estragon ciboulette, verre à moutarde
Pour les contenir en volume à la hussarde
Fais pocher la lotte sans oublier les yeux
Laisse tiédir et coupe en dés comme pour un jeu
Mélange bien fermement tous les ingrédients
Et beurre un moule quatre quarts comme expédient
Puis verses-y entière la préparation
Que tu mets à deux cents degrés c’est la ration
Dans le four au bain Marie bien quinze minutes
Couvert et découvert quarante cinq minutes
Quand refroidi tu mets au réfrigérateur
Ce plat que tu démouleras en amateur
Post scriptum une mayonnaise bien léchée
Fera un accompagnement pour allécher
Voeux du poète pour 2010
Et puis pour deux mille dix ce n’est pas banal
D’écrire des vœux tout en alexandrins
Que le poète se permet tel un grand flandrin
La météo quand le changement climatique
Revêt tellement d’importance médiatique
Est un sujet d’unanimité chaleureuse
Le poète vous la souhaite bonne et heureuse
La santé objet traditionnel des vœux les plus sincères
Thème de discours quotidiens sur la misère
De pauvres malades sans couverture sociale
Le poète ne vous la souhaite pas glaciale
La famille rassemblée dans la joie des fêtes
Présente les symptômes d’une unité parfaite
Même si la belle famille n’est pas si belle
Le poète vous la souhaite encore plus belle
Le travail lors des demandes corporatistes
Est le miracle quotidien de l’artiste
Qui va de chez lui à La Défense sans RER
Le poète vous le souhaite sans la galère
Bien enfoncé dans son fauteuil de retraité
Le poète vous envoie en toute sincérité
Des vœux chaleureux pour l’année 2010
Que de bien du bonheur elle vous emplisse
vendredi 12 août 2011
Je voudrais écrire beau
Je voudrais écrire bien
Mais la forme et le fond
Ces deux frères ennemis
Se disputent la place
Une belle forme c’est creux
Et le fond sans forme
C’est très abstrait
Pour éviter l’écueil
J’attaque à fond la forme
Et sur la rime
Déprime
Me revoilà sur le fond
Au royaume de l’esprit
Et dans le fond me revoilà
Bloqué
Le prêtre
Le prêtre en soutane se démène
Pour trouver le fil conducteur
Des âmes damnées vers le paradis
Amoureux des symboles son existence est bénie
Le pain le vin voici l’ivresse
La plénitude du repas sacramentel
Et l’extrême jouissance de l’heureux élu
Tout rempli de la sagesse des anciens
In vino veritas, panem et circenses
Il entraîne les paroissiens
Dans les délices des agapes
Et tout au fond là bas
Incrédule et envieux
Le païen le regarde
Mort du père
C’est la fin des galères
Un pan de vie s’écroule
C’est la fin des colères
Le monde est là
Un autre monde
Présence
Silence
Un autre monde
Absence
Eternité
mercredi 18 mai 2011
samedi 14 mai 2011
Le canard boiteux
Dans un joli désordre s’ébattent et se marrent
Paisible est l’harmonie où les voilà qui
A leur condition se plient c’est un fait acquis
C’est le printemps sur la mare les canettes
Dans un bel ensemble s’alignent et se mettent
Le croupion à l’air pour que messieurs les canards
A la queue leu leu prennent gaiement leur panard
Mais que se passe-t-il un peureux volatile
S’approche de la queue où paraît-t-il
Il ne répond pas aux critères de passage
Et d’exclusion il est frappé pour n’être pas sage
Tous les canards crient sus au malheureux perdu
Et à grands coups d’aile le pourchassent éperdu
Sous l’œil alangui des canettes au repos
Attendant la reprise du travail sur leur dos
O lecteur penses-y bien et considère si
En toi n’existe pas une réplique aussi
De ce triste et bouleversant canard boiteux
Agathe

Tu franchis les lourdes portes de l’existence
A Eindhoven un jour de réveillon béni
Dans le bruit et la fureur loin des silences
Du ventre maternel dont l’abri est fini
Tu naquis en terre étrangère et c’est étrange
De penser qu’autour de toi les gens baragouinent
Dans plusieurs langues pour bâtir un doux mélange
Sabir à écouter dès sonnantes matines
Avant tout le Mexicain une langue très douce
Fort voisine de l’Espagnol sera ta langue
Paternelle car Adrian sans faire de mousse
Entre deux fibres croque la vie comme une mangue
Puis le Français avec une mère épanouie
D’inoculer sa culture traditionnelle
Déjà sur le sein inculqué c’est inouï
Sera le petit lait qu’on boit sous la tonnelle
Enfin l’Anglais c’est à titre professionnel
Que tes parents l’ont connu et utilisé
Il restera en cas de trouble obsessionnel
Le recours ultime pour un discours aisé
Une orange
C’est Noël pour toi que je l’ai poétisée
Elle est ronde et sa peau il faut selon les rites
Enlever dévoilant ainsi une pulpe aseptisée
Ce corps mis à nu sera alors écorché
Non non vraiment pour l’orange pas de quartiers
Il s’agit bien de tout dépecer sans broncher
En laissant paraître des morceaux tout entiers
Je dois maintenant évoquer tant de pépins
Qui parsèment l’existence de tout un chacun
Qu’il faut éviter d’avaler comme un crétin
Puis la chair délicieuse sera ainsi qu’un
Aliment très sacralisé portée en bouche
Et sur cette offrande le poème débouche
L'ultime refuge
Vous entrez tout pimpant et pétulant d’ardeur
Sous l’œil avide d’une foule peu amène
Vous choisissez un petit coin de pur bonheur
Vous hésitez un peu beaucoup passionnément
Puis hop c’est décidé voilà vous achetez
Ce petit bout de territoire qui nommément
Vous transforme quelqu’un en toute dignité
Eh bien ce petit coin le matador l’adore
Car c’est là que va s’accomplir l’acte suprême
Il s’agit évidemment de la mise à mort
Et alors tout bêtement à l’instant extrême
Vous vous exclamerez sans aucun subterfuge
Pourquoi tant investir dans l’ultime refuge
La vie des rats
Ils commencent leur vie cérébrale en jouant
A des jeux de piste dans cubes et venelles
Et le docteur subtil les observe en comptant
Sur leur aptitude à comprendre et réfléchir
C’est la première phase de leur destinée
Alors vient la deuxième phase sans fléchir
Des piqûres dans la tête ou le périnée
Sont enfoncées par le médecin moins câlin
C’est la troisième phase ils sont mis en jeu
Il faut dès lors déterminer le plus malin
Celui qui résiste le mieux mais quel enjeu
Le bon et merveilleux gagnant thérapeutique
Permet à la science une avancée mirifique
Pastiche
Imbibé de pastis
Gît au fond du ravin
Un pot énorme
Le pot aux roses
Ne sent pas la rose
Mais quel arôme
Il sent l’anis
Le pot vacille
Le pot hésite
Et sassafras
Des gerbes de roses
Surgies du néant
Explosent dans sa tête
Imbue de boisson
L'intellect
Siège de vie spirituelle
Tu résides en l’esprit
Et pourtant le sublimes
Ignoré de ton vivant
Ignorant de la mort
Tu poursuis à travers
L’être
Ta conquête du néant
Lors de mon dernier souffle
Petite parcelle tu me quitteras
Pour t’agglomérer au grand tout
Cette intelligence désincarnée
Qui nous possède
Et nous gouverne
La gamberge
Reflet des turbulences d’un monde intérieur
Subissez cette angoisse comme à la gare
Les départs anxieux vers une vie antérieure
Questionnez honnêtement cet être tourmenté
Il vous parlera de soucis professionnels
De la tristesse des jours enrégimentés
De porte monnaie ou de crise passionnelle
Il ne vous dira pas même sous la contrainte
Son envie d’être seul son envie d’être ailleurs
De s’éclater librement hors de toute astreinte
Pendant des demi-heures il ne vous dira pas
Au fil de son discours qu’il n’a rien à vous dire
Rien à raconter, ce malgré tous vos appâts
L'instant foetal
Un flot de spermatos
Visqueux zoomorphes
En cataracte se rue
Jouisseur Niagara
A l’assaut du trésor
Ovule
Toi seul es l’objet de la quête
Des millions de conquérants
Décimés pour toi tout seul
Tu règnes sur leur monde
L’espace d’une capture
Stop
Ici s’arrête cette trépidante bataille
Un élu est choisi
Heureux ou malheureux
Ces petites bêtes
Ne connaissent pas
Le bonheur
Le genou
Qu’avec effroi je décris amoureusement
L’opération chirurgicale dont ton genou
A maintenant subi l’épreuve malgré nous
L’événement s’est amorcé quand jeunette
Dans les prairies tu courais telle une fillette
Sans souci de l’arthrose ni de sa sinistrose
Et tu voyais aveuglément la vie en rose
Tu étudiais l’anglais avec acharnement
Des tas de vers british tu apprenais gaiement
Quand soudain on te fit une ostéotomie
Qui progressivement t’a ôtée aux tommies
Tu connus les affres de ces plaques en titane
Recalant d’un degré tes tibia et fémur
Ces os liés par une rotule en banane
Coincée à cause d’un cartilage assez mûr
Et l’érosion (c’est des oiseaux) fit son affaire
Des grains de sable tu fis grincer à De Hanne
Telle une petite vieille plus rien à faire
Tu n’étais plus aidée par ces genoux en panne
C’est alors qu’il fallut la prothèse totale
Assemblage hybride de métal et plastique
Positionnés grâce au ciment c’est pratique
Pour éviter la claudication si fatale
Gare à nous le sourire
Enfin tu vas courir
Non fini les béquilles
Oui c’est bientôt la quille
Usons de ce genou
Sonnet de château

C’est avec beaucoup de regrets
Que nous avons quitté Segrez
Splendide château des Picard
Qui certes ne sont pas ringards
Le temps nous fut clément assez
Pour qu’en maillot nous prélasser
A la piscine quel délice
Soit le plus gros des exercices
Puis il y eut l’arboretum
Dont l’élagage est une somme
De tâches herculéennes
Mais hélas il faut que survienne
Après cet excellent séjour
La fin de ces si beaux jours
Prière d'un inconnu
Laisse moi dépasser ma condition corporelle
Les vapeurs de l’alcool et les vapeurs d’encens
Et tout mon univers sensationnel
Au-delà des poèmes, Seigneur si c’est possible
Ecoute cette aspiration de l’au-delà
Des lendemains qui chantent
Et des aujourd’huis qui chantonnent
Au-delà des écrits, Seigneur vestiges
D’un savoir occulte et figé
Des mots nouveaux peuvent encore apparaître
Ah lis les Seigneur
En dedans de mes maux Seigneur arrive
Pour les oindre d’un baume à toi
Lénifiant comme la prière
Que j’ose enfin t’adresser
Les yeux d'Elisa
Fort loin de tous les regards à la noix
Comme tu m’illumines je me vois
Et je crois bien avoir trouvé la voie
La voie de ce cœur qu’ici je tutoie
Alors si d’amour je ne te tue toi
Il y a des choses que je t’avoue
Mon âme ce poème est tout à vous
Et je te dis vous et je vous dis tu
Je te tuvoie eh bien alors vois-tu
Je plonge dans des affres sémantiques
Où curieusement le sentiment tique
Mais heureusement il reste tes yeux
Dont le pur azur évoque les cieux
le moteur abandonné

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux:
Au détour d’un sentier une culasse infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les soupapes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.
Et le ciel regardait la culasse blessée
Comme une fleur s’évanouir.
Avec digne et fier son vilebrequin dressé
Pour ce qu’il lui reste à jouir
Les mouches abandonnaient ce ventre languide,
D’où avaient fui de noirs bataillons
De larves, coulant jadis comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Les formes se figeaient et n’étaient plus qu’un rêve,
Le vilebrequin debout,
Sur le désert oublié, et que le passant achève
De revoir par le souvenir.
Derrière les rochers un chameau inquiet
Regardait tout d’un oeil fâché,
Épiant le moment de surprendre des quinquets
De cette forme relâchée.
Et bien sûr vous serez semblable à cette ordure,
A cette déréliction,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Mécanique ma passion!
Oui! Telle vous serez, ô reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous les dunes dans les huiles grasses.
Pourrir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! Dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés!
Harmonie du soir
La retraite temps béni arrive bientôt
Il s’agit de penser à s’occuper plutôt
Que de sucrer les fraises en toute saison
Car avouez le on peut perdre la raison
Il s’agit de penser à s’occuper plutôt
Que de laisser le spleen meubler le paletot
Car avouez le on peut perdre la raison
Si l’on n’a plus grand-chose à faire à la maison
Que de laisser le spleen meubler le paletot
Oubliant même d’écouter Rigoletto
Si l’on n’a plus grand-chose à faire à la maison
De tout cela que de coutume nous faisons
Oubliant même d’écouter Rigoletto
Oui je crois bien que l’épouse y met son veto
De tout cela que de coutume nous faisons
Puisque maintenant bien vieux nous nous taisons
La voiture à mots
Le réservoir est un dictionnaire, les mots c’est
L’essence, les mots à sens comme les mots sans sens
Le conducteur est un malin quand le réservoir est vide il pense
Il pense femme atours et amour défoncé
Le mot coule dans un canal auditif et
Tombe dans un carburateur où au contact
De l’air atmosphérique il est pulvérisé
Puis il entre dans une chambre oh le coquin
Dans cette chambre il est tripatouillé hum hum
Pour en extraire sa substantifique moelle
Qui si bien fait marcher la machine à moteur
Et qu’est-ce qui sort par le pot d’échappement
Prince, c’est la fumée exhalaison funeste
Devenir fatal de tout mot du dictionnaire
Sonnet à demain
Turbulent et vibrant l’espoir de Rock en Seine
A rafraîchi l’esprit fripé des gens blasés
En permettant d’oublier les joies et les peines
Que seule la musique sait cicatriser
Oui c’est plein les mirettes et plein les oreillettes
Que la sensation d’être en vie prend enfin corps
Et que c’en est terminé des tristes binettes
Carapaces grises s’affaissant sous le sort
Les dockers, les rockers et les cockers ensemble
Poussent cette chansonnette qui les rassemble
A la Bastille on l’aime bien Nini peau d’chien
Allez viens me dit-elle en chantant, allez viens
Turbulent et vibrant l’espoir de Rock en Seine
Enfin nous permettra de voir du rock la reine
